MAISON LOÜNO
à préparer chez soi

Journal recettes et interviews de femmes créatives

Idées recettes pour notre pain noir bio sans gluten et interviews de femmes créatives qui osent et qui avancent.

Ophelie, styliste et photographe culinaire sur Ophelie's kitchen book

Je suis trop trop contente de partager aujourd’hui l’interview d’Ophelie pour Maison Loüno ! Ophelie est l'une des photographes et stylistes culinaires les plus inspirantes et talentueuses que je connaisse. J’adore la douceur et la bienveillance qui se dégagent de ses photos qui sont toujours pensées jusque dans les moindres détails. J’ai tout autant adoré faire cette série photos dont elle créé la mise en scène. Un vrai cocon et un après-midi food + photo comme je les aime. :) 

Retrouvez le travail d'Ophelie sur son blog et Instagram Ophelie's Kitchen Book, où elle partage avec nous des histoires culinaires ainsi que les fleurs et la nature qui l'inspirent, notamment la forêt de Rambouillet où elle vient se ressourcer. Je vous laisse avec Ophelie.

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Parcours

 

Quel est ton parcours et comment s'est initiée l'aventure Ophelie's Kitchen Book, ton blog et compte instagram de recettes, stylisme et photographie culinaire ?

L'aventure Ophelie's Kitchen Book est née au Pays Basque en 2011 sous le nom de Lily's Kitchen Book (en 2014 pour des raisons juridiques me dépassant j'ai eu à modifier et j'ai apposé mon prénom plutôt que mon surnom). 

L'idée du blog m'a été soufflé par une très bonne amie à moi, j'avais quitté la région parisienne pour atterir dans le Sud-Ouest, tout était nouveau pour moi dans cette nouvelle vie. J'avais soif de découvrir, de goûter, tester et de vivre dans cette nouvelle ville, Bayonne.

En parallèle, infirmière, j'avais muté dans un hôpital psychiatrique, un univers qui m'était totalement inconnu, j'ai vu l'humain tel que je ne l'aurais imaginé, la violence des pathologies psychiatriques, des souffrances mentales et physiques innommables. J'ai développé un immense sentiment d'impuissance face au gouffre que peuvent ressentir nos patients. J'ai rassuré, porté, soigné, écouté, aidé du mieux que je le pouvais et cela grâce à des équipes exceptionnellement soudées que je voyais comme une grande famille. On se voyait tous beaucoup à l'extérieur, le sud-ouest est un lieu de fête à toutes occasions. « On est bien ensemble » prenait tout son sens là-bas. J'ai appris beaucoup sur moi à cette période, mais il m'était nécessaire et vital de m'évader mentalement de cet univers professionnel très difficile. 

Les blogs étaient un fabuleux moyen d'expression pour laisser libre court à son imagination, griffer des notes, récits, histoires, poésies et textes engagés à qui voulait les lire. Mais c'est la photographie et le storytelling (l'art de raconter une histoire) qui m'ont davantage attirés chez eux, ces photographies très belles et la capacité de l'artiste à pouvoir raconter toute une histoire ou retranscrire une ambiance presque sans un mot. 

Instagram se développait tout doucement fin 2010, j'ai commencé à alimenter mon compte plus régulièrement en 2011. En 2012, il m'a permis de faire de belles rencontres, notamment une qui est restée virtuelle d'une auteure de livre de cuisine réputée mais qui a provoqué chez moi une étincelle, en me disant « tu as quelque chose, un oeil, travaille-le ». Ce jour là, je suis restée bouche bée, que voyait-elle chez moi ?! Je ne connaissais absolument rien au monde de la photographie.

C'est comme ça que j'ai commencé à prendre en main notre Canon, réservé à nos voyages pour mettre en avant mes plats ou les moments de vie que je souhaitais immortaliser. Le plus gros de ma mémoire est visuel, capturer et figer l'instant est nécessaire pour construire mes souvenirs.

 

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Le chemin a été long, très long, il m'a fallu des années de travail, de pratique, de remises en questions pour comprendre l'appareil photo au-delà du mode automatique. Au tout début j'étais fixée sur le bokkeh (le flou d'arrière-plan), comment peut-on obtenir des flous autour d'un sujet, le fond, la distance par rapport à notre objet, la profondeur de champ, l'objectif mais je n'avais pas encore compris l'importance de la lumière qui aujourd'hui est mon obsession en photo et celle qui va faire passer une photo de banale à exceptionnelle.

Tout ce chemin, je l'ai fait sans regarder derrière moi et ne sachant absolument pas où cela me mènerait. Je n'avais rien à perdre, en photographie, plus on pratique, meilleur nous devenons, si on cherche à s'améliorer et ne pas rester sur ses acquis. Je ne suis ni plus douée, ni plus nulle qu'un autre, l'essentiel est le plaisir que cela nous apporte et j'ai trouvé dans la photographie le moyen d'exprimer mes envies, mes sentiments et de repousser mes limites. Je garde cette citation de Romy Schneider « Il faut toujours que j'aille jusqu'au bout de toute chose, même si l'issue ne m'est pas favorable. (...) Une vie doit être débordante de passions. Elle est trop courte pour que l'on se contente de n'en vivre qu'une seule ».

 

Puis en 2014, Instagram m'a propulsé dans une liste courte des comptes suggérés à tous les nouveaux abonnés pour deux semaines, j'ai pris plus de 30 000 personnes en 15 jours, je n'en revenais pas. Ca m'a déboussolé dans un premier temps car je ne pensais pas que ma vision des choses intéresserait qui que se soit et ensuite cela m'a fait travailler encore plus. La communauté que j'avais autour de moi et sur Instagram en général était bienveillante, créative, ça m'a poussé plus que jamais. En revenant sur la région parisienne, j'ai rencontré des personnes avec qui virtuellement nous avions accroché et un petit réseau s'est développé, ces personnes m'ont appris énormément. Elles étaient d'origines différentes, de milieux opposés, mais la passion pour les bonnes choses nous ont liés inéxorablement. Des marques nous ont approchées, les collaborations sont nées, la folie Instagram était enclenchée. 

Grâce à Instagram et au blog, j'ai pu vivre une vie que dans ma vie à l'hôpital encore aujourd'hui je n'aurais pu vivre, elle m'a donné ce bol d'air, une bulle de liberté que je n'avais pas. J'ai conscience et je suis reconnaissante de la chance que j'ai, avec le recul je ne l'ai pas volé. Mais dans un monde où tout file, tout peut s'arrêter en un clic, je n'oublie pas que ma plus belle inspiration est la vraie vie, celle que l'on sent, que l'on touche, que l'on subit, que l'on choisit et c'est celle que l'on doit vivre en priorité, le virtuel restera toujours que du virtuel.

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Comment as-tu découvert ton amour pour la cuisine, les fleurs et les univers esthétiques ?

Mon amour de la cuisine s'est construit depuis ma tendre enfance, grâce à ma famille, des bons vivants où la relation à la cuisine est une relation fusionnelle. Les voyages et les rencontres au gré du temps ont continué à alimenter cet amour.

Les fleurs, c'est ma grand-mère, elle possède un jardin qu'elle entretient avec passion. J'ai grandi entouré de fleurs tropicales à l'ile de la Réunion. Je me souviens que chaque samedi en fin de marché, elle rapportait avec elle quelques branches de lys qu'ensuite elle déposait sur la table du salon. 

Depuis que je vis en France, cela va faire 13 ans, je prends plaisir à vivre au rythme des saisons et voir la nature se transformer sans arrêt. Je suis attachée à la saison printanière  et c'est avec des yeux d'enfant que j'observe les arbres se couvrir de fleurs, la nature se réveiller et les parfums se déployer. La nature est incroyable.

Les univers esthétiques, c'est Instagram qui m'a permis de les découvrir, la culture et l'art sont soudainement sortis des musées et sont devenus accessible à tous. Le monde entier était à notre portée, cela a permis d'avoir l'esprit encore plus libre et de créer sans limites.

Qui a le plus impacté la manière dont tu cuisines et photographies aujourd'hui ?

Ma mère pour la cuisine a un talent inné pour faire que les choses se lient à la perfection dans une facilité déconcertante. Elle m'a permise d'être curieuse, elle nous faisait manger de tout.

La photographie, sans aucun doute ce sont des photographes et stylistes culinaires américaines, australiennes et européennes qui m'ont inspirées comme Aran Goyoaga (cannelle vanille), Luisa Brimble, Emilie Guelpa (Griottes), Linda Lomelino, Nora Eisermann et Laura Muthesius (Our Food Stories), Virginie Garnier, Coralie Ferreira.

 

Créativité

As-tu un process créatif particulier ? 

Pendant longtemps et encore maintenant, je travaille à l'instinct. Cependant sur des projets que réalise pour des marques j'ai appris à avoir un process, recherche d'idées, création de mood board comme pour l'ambiance, les angles de vue, la vaisselle pour le stylisme, parfois je dessine mes idées plus pour des projets perso. Le jour du shoot, sur un mur, je colle plusieurs feuilles, celle pour organiser mes taches, celle pour réaliser la recette, celle avec le mood board et celle avec les demandes spécifiques des clients. Ensuite je prépare la vaisselle, les accessoires, le fond que je souhaite utiliser. J'ai repéré au préalable l'heure à laquelle je souhaite shooter, plutôt en fin de journée car j'aime une lumière très douce avec peu de hautes lumières, je fais parfois quelques essais. Lorsque je commence à travailler, je le fais sans musique et j'ouvre la fenêtre.

Quels sont les univers qui t'inspirent ? Les univers moody comme de celui Jamie Beck @annstreetstudio, une artiste américaine habitant en Provence, aux talents incroyables, les univers simples et authentiques comme ceux d'Ana Zilhao @_goodoldfashionned et d'Amandine L'hyver, les gourmands comme Sneh Roy @cookrepublic et Martha Greber @whatforbreakfast.

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Comment trouves-tu l'inspiration pour tes recettes et mises en scène ? La foret de Rambouillet où je vis, il y a des spots magnifiques, le petit plus est que c'est isolé, je n'ai pas à craindre des regards. La saisonnalité inspire mes recettes, je suis attachée à respecter le rythme de la nature. L'artisanat est omniprésent dans le choix de la vaisselle que je mets en avant, la main façonne des pièces qui restent à jamais uniques. 

 

Un livre / film / une personne qui t'a aidé dans ton épanouissement personnel ? Un livre « Message des hommes vrais au monde mutant » de Marlo Morgan, un livre qui vous invite à revenir à l'essentiel.

Une personne : mon mari, il est mon âme soeur, il me connait sans doute mieux que personne. Il m'a permis d'apprendre à prendre du recul, de savoir dire non, de ne pas toujours chercher à dépasser mes limites et de nous souder en famille. La chose la plus importante et essentielle dans ma vie. Nous avons construit une famille soudée, celle que nous n'avons pas eu étant enfant. Cette famille me permet de me protéger et de me ressourcer, même si tous les jours ne sont pas roses.

 

ROUTINE

As-tu des routines ? Je n'aime pas les routines, elles changent tout le temps car je n'arrive pas à m'y tenir ! La routine me fait peur, peur de l'ennui, peur de m'enfermer, le fait de ne pas en avoir a une contrainte : devoir s'adapter à chaque instant, je remets souvent tout en question, ce n'est pas toujours simple à vivre.

Comment fais-tu pour déconnecter après une journée de travail / le weekend ? Je file au parc du château de Rambouillet, propice pour flâner, se reposer et faire du sport.

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Beauté

Qu'est-ce qu'une belle femme pour toi ? Une femme qui se sent à l'aise dans son corps quelque soit sa corpulence, nature, douce et dynamique à la fois.

 

Comment prends-tu soin de ta peau ? De l'eau fraiche sur le visage le matin appliquée avec une lingette en coton bio pour réveiller sa peau, une brume d'eau florale (fleur d'orange de Sanoflore), le baume nutritif miel suprême de Sanoflore pour la journée, un masque une fois par semaine, laver et démaquiller son visage, un soin qu'il ne faut jamais sous-estimer.

 

As-tu des astuces beauté (de blogs, famille ou copines) qui t'ont été utiles ces dernières années ? Une fois par semaine : un masque avec le marc de mon café bio de la semaine, un peu de miel et de l'huile d'argan, extra pour le visage et le gommage corporel : Le gommage corps de Granado, en plus d'exfolier, il laisse ma peau douce et hydratée, un bonheur pour les peaux très sèches. Nettoyer sa peau le soir avec une eau micellaire pour purifier la peau, l'importance de se démaquiller, une étape que je n'outrepasse plus. Boire beaucoup, la source d'hydratation la plus pure pour notre corps. 

Mise en scène par Ophelie Lauret, Photographies par Louise Skadhauge